lundi 7 avril 2014

Helitt Airlines

Cela faisait déjà quelques semaines que cet ATR 72 d'Helitt se trouvait stationné sur la plateforme Papa Five de l'aéroport de Charleroi. Je connaissais ces avions rouges de la jeune compagnie espagnole de Malaga, j'en avais vu plusieurs à Madrid.

Encore une compagnie qui se casse la figure à peine deux ans après ses premiers vols.
Mais qu'est-ce qui leur prend, à ces businessmen espagnols de tous vouloir être propriétaires d'une compagnie aérienne, quand on sait qu'il s'agit d'un des secteurs économiques les plus compliqués et fragiles? Sans doute le glamour d'antan qui demeure…

Bref, Helitt a dû suspendre ses quelques vols réguliers et ne réalise aujourd'hui plus que des vols à la demande. Pour combien de temps? Pas longtemps d'après moi.

Aujourd'hui l'ATR d'Helitt et mon petit Piper Tomahawk se côtoient sur la plateforme, je le suivrai et effectuerai mon décollage juste après lui. A la radio j'entends qu'il se rend à Barcelone. Moi j'irai un peu moins loin: je survolerai Nivelles, Andenne, la Casacade de Coo, Liège et Namur pour rentrer ensuite à Charleroi. La durée du vol n'aura quant à elle été pas très différente de celle de l'ATR 72!

samedi 22 mars 2014

2h18 de plaisir

Approche sur Charleroi (EBCI)
Aujourd'hui j'ai passé pratiquement tout mon après-midi à l'aéroport de Charleroi. La météo ne s'annonce guère prometteuse pour ma navigation vers Charleville-Mezières et Sedan, en France. Tant pis j'ai pris de quoi étudier dans le pilot lounge.

Le pilote lounge est cet endroit sympa où les pilotes préparent leur vol, attendent que la météo devienne clémente ou se racontent leurs dernières anecdotes. J'ai le grand plaisir de  revoir trois élèves pilotes de ma promotion que je n'avais plus vus depuis longtemps.

Je regarde par la fenêtre. C'est clair... avec le ciel si bas qu'un canal s'est perdu je ne risque pas de voler aujourd'hui. Au cas où, avant de repartir bredouille, je vais quand même consulter une nouvelle fois Cédric, mon patient instructeur, pour voir ce qu'il en pense. Sur Belgocontrol et Météo France nous constatons une fenêtre de beau temps… pas grande ouverte la fenêtre… mais bon on y va, on essaie.

Je sors l'avion du hangar, exécute la visite externe, nous embarquons et nous voilà partis. Temps superbe. Le ciel a changé de couleur, il est bleu, quelques beaux cumulus, pas de turbulences, une visibilité nickel. Le vent est plus faible que celui que j'avais pris en compte pour mes calculs, il faut donc quelque peu rectifier le cap, mais rien de bien grave. Je m'essaie aux communications en français... parce que non, nos amis français ne communiquent pas en anglais… on s'y fait.

Charleville apparaît, je trouve la piste sans trop de difficultés, je passe par dessus le terrain pour déterminer la piste en usage et la direction du vent au sol et je fais une approche tout à fait décente suivie d'un touch-and-go et on repart vers Sedan, qui se trouve à à peine 11 minutes de là. Deux approches plus tard suivies de leurs atterrissages respectifs, dont je n'ai pas à rougir, nous mettons le cap sur Charleroi pour le retour:  40 minutes de vol dans un ciel serein qui s'obscurcit tandis que le soleil se couche. Nous arrivons à proximité de Charleroi, le spectacle est superbe, je vais atterrir de nuit… quant à la fenêtre de beau temps, elle se referme.  En finale un éclair déchire le ciel à l'horizon, il était temps de rentrer. Atterrissage tout en douceur, taxi vers le hangar, débriefing… 2h18 de bonheur.

dimanche 19 janvier 2014

Vol de navigation à Spa La Sauvenière

Hier j'ai volé à Spa.

Navigation sans trop de problèmes. Un petit écart par rapport à la route tracée sur la carte, peut-être dû à une mauvaise synchronisation entre le conservateur de cap et  le compas magnétique (ce dernier est la véritable référence à suivre, mais sa lecture en vol s'avérant difficile le pilote suit les indications du premier).

Je trouve la piste de l'aérodrome de Spa sans trop de difficultés. Le vent vient du Sud et la configuration produit des vents assez forts avec des rafales annoncées allant jusqu'à 34 noeuds (63 km/h)… approche plus que chahutée, mais c'est vraiment là qu'on sent son avion. J'arrive à proximité du seuil de piste, mais il est évident que je n'ai pas encore la maîtrise suffisante pour atterrir en toute sécurité dans de telles conditions. Je remets les gaz à plein régime et demande à mon instructeur de refaire une approche. J'ai aimé!

La deuxième approche est nettement meilleure: le premier tour m'a permis de mieux cerner les conditions sur le terrain. Nous décidons toutefois de ne pas atterrir, les rafales étant vraiment fortes et pouvant nous jouer un mauvais tour au dernier moment. Full throttle à nouveau et nous partons alors faire un survol du circuit de Francorchamps. C'est sympa vu du ciel.

Retour à Charleroi sans encombres et bon atterrissage.
Deux heures de vol, je suis lessivé, mais quel pied!


Aérodrome de Spa La Sauvenière (EBSP)
www.spa-aviation.be
Aérodrome non contrôlé. Info sur Spa Radio 124.750 MHz
Resto ave terrasse.

samedi 11 janvier 2014

Charleroi-Courtrai

C'est ma quatrième nav, la plus longue jusqu'à présent: 1h24 l'aller (Charleroi-Nivelles-Tubize-Oudenaarde-Courtrai) et 54 minutes le retour (Courtrai-Renaix-Soignies-Charleroi). Mon instructeur est Cédric.

Une dizaine de noeuds de vent de travers au départ et quelques secousses. Je sens que les pièces du puzzle navigation commencent à s'emboîter: j'arrive enfin à tenir et manipuler ma carte plus ou moins correctement et surtout à noter les temps… tout un exploit pour moi. La préparation de l'itinéraire a été nickel et  l'avion a suivi à tout moment la route tracée sur la carte: encourageant. Par contre les approches n'ont pas été géniales. Pas évident de faire une belle approche sur un aérodrome inconnu. Le fort vent de travers n'a pas facilité les choses, le "go around" s'imposait. Le second circuit est un peu meilleur mais le vent, l'étroitesse et la longueur réduite de la piste par rapport à Charleroi me font faire un atterrissage médiocre. Cela fait du bien de pouvoir étirer les jambes à l'escale!

Au retour, le vol se passe impeccablement et suit le tracé sur la carte, les temps sont respectés à la minute près. Cela me donne beaucoup de confiance pour la suite. A l'approche rebelote. Selon mon instructeur je n'aurais pas choisi un bon point d'entrée. Pourtant j'ai vérifié par la suite sur ma carte d'approche… ne saurais-je pas encore lire une carte d'approche comme il faut?  Le stress monte et même si je sais  où se trouve l'aéroport  je ne suis pas à même d'y arriver dans les règles  de l'art, ce qui est un peu gênant dans le cas d'un aéroport contrôlé ou je vole en compagnie d'avions de ligne. On fera mieux la prochaine fois...

Il est clair que la préparation du départ et de l'arrivée est tout aussi importante, si pas plus, que celle du reste de l'itinéraire. Je suis néanmoins très satisfait. Les faiblesses sont identifiées et la manière d'y remédier aussi. Plus je vole, plus j'ai envie de voler…
Prochain vol: ligne droite de Charleroi à Spa.

Krotrijk (Wevelgem - EBKT)
Espace aérien non contrôlé (G), aérodrome non contrôlé mais avec tour et contact radio. Taxiways en piteux état, mais le NOTAM le mentionne, on n'est donc pas pris au dépourvu.
Aérodrome fréquenté par l'aviation générale, notamment l'aviation d'affaires. Petit terminal sympa confortable, avec restaurant, et contrôle de police à l'embarquement.

www.kortrijkairport.be




dimanche 8 septembre 2013

Premier Solo


J'en avais tellement entendu parler de ce premier solo, ce moment inoubliable dans la vie d'un pilote, que je l'attendais avec impatience mais aussi avec un certaine appréhension. 

Si j'avais secrètement espéré réaliser mon premier solo avant de partir en vacances, mon instructeur avait sagement décidé d'attendre encore un peu, mes arrondis n'étant pas encore systématiquement parfaits. Quand on sait que l'arrondi est le moment le plus délicat juste avant de toucher le sol, on comprend aisément qu'il est indispensable de bien en maîtriser la technique. Par contre je ne m'attendais absolument pas à ce que mon lâcher interviendrait après avoir passé plus d'un mois sans m'asseoir aux commandes. Le 8 septembre 2013, quelques jours après mon retour de vacances et donc après plus d'un mois un mois sans avoir volé, au terme de 2 touch and go impeccables en sa compagnie, mon instructeur Cedric m'informe que le circuit suivant je vais le réaliser tout seul. Le moment est donc venu. 

Les conditions météo sont naturellement impeccables et il n'y a pas trop de trafic commercial sur Charleroi à ce moment. 

Je dépose Cédric au pied de la TWR (tour de contrôle) et Charleroi Ground me donne l’autorisation de rouler jusqu’au point d'attente Sierra 4 et d’y contacter la TWR.  Je suis super concentré mais très serein. C’est grand un premier décollage seul aux commandes: entendre ce « cleared to take off » que l'on répète d'une voix de novice pour confirmer qu'on a bien reçu et compris l'instruction, pousser ensuite la manette des gaz au maximum en tenant le manche de la main gauche, les pieds exerçant sur les palonniers la pression requise pour ne pas quitter le centre de la piste. A 60 noeuds, la vitesse de rotation atteinte, une légère traction exercée sur le manche permet de désolidariser les roues de la piste.  Premier décollage seul à bord… Le pied.

Le premier solo est tellement court que j'ai à peine le temps d’en profiter mais je me sens bien dans ce petit Piper Tomahawk, qui répond au doux nom d'OOLIV. Je savoure ce moment unique, cette première fois. J'ai aussi conscience de la responsabilité qu'implique le fait de se trouver aux commandes d'un avion. Je dédie ce vol à E. Après un circuit et un atterrissage impeccables, je partage mes premières impressions avec mon instructeur, qui est excellent. Quel stress que ce doit être pour lui de lâcher ses élèves… et quel soulagement de les voir revenir sans casse! Je vais aussi remercier la TWR de Charleroi. C'est tellement agréable d'avoir affaire à des contrôleurs aériens sympas et indulgents avec les élèves pilotes.

Je suis sur un petit nuage et gonflé à bloc pour la suite de ma formation.